Stylé en Mosaert

M

osaert est une marque de prêt-à-porter de Stromae cofondée avec sa femme, Coralie Barbier, et son frère, Luc Van Haver. Ces créations sont initialement conçues pour la scène, lorsque Stromae rencontre un succès mondial. Telle une nécessité pour décerner son corps, lui qui a « l’impression d’en sortir », il explique : « Je voulais faire avec ma tenue un pont avec l’Afrique tout en amenant quelque chose de nouveau et qui me correspondait. J’avais envie de mixer le dandysme, la wax africaine et le kawaï. »[1] Stromae choisit alors d’abandonner ses tenues « hyperlarge » dans lesquelles il se trouvait « ridicule » au profit de tenues « plus près du corps »[2].

En 2015, Stromae vit une expérience singulière, décrite ainsi : « C’est comme si c’était une bénédiction venue du ciel, d’un conglomérat d’êtres humains qui avaient décidé que c’est moi qui allait être l’élu. C’est un peu bizarre, mais c’est comme ça qu’on se l’explique, car il n’y a pas d’explication au succès. »[3]

Dès lors, pour ne plus « s’obliger » à produire et pour « se reconstruire », il compose pour la collection imaginée et « vole des trucs de la garde-robe de Coralie ». Soutenu par l’image en miroir, il précise qu’elle fait pareil, puis ajoute : « J’ai une morphologie très fine qui ressemble à celle d’une femme. »[4] Les imprimés et les coupes deviennent les mêmes pour les hommes et les femmes. Délogé d’une position surmoïque et se préservant de faire exception, Stromae déclare qu’il n’a « plus envie de faire tant d’efforts » et qu’il préfère se « fondre dans la masse » [5]. Pour cela, tenant lieu d’objet, métonymie de lui-même qui « adore faire attention à son accoutrement », cette collection est pensée « unisexe »[6].

 

[1] Ottavi M., « Interview croisée Lagerfeld-Stromae : “Votre gueule et votre silhouette restent les mêmes, mon vieux” », Libération, 6 octobre 2017, https://www.liberation.fr/culture/2017/10/06/lagerfeld-stromae-votre-gueule-et-votre-silhouette-restent-les-memes-mon-vieux_1601504/

[2] Ibid.

[3]RTBF, « Hep Taxi ! Stromae : du succès à la culpabilité », 9 décembre 2019,

[4] Ottavi M., « Interview croisée Lagerfeld-Stromae : “Votre gueule et votre silhouette restent les mêmes, mon vieux” », op. cit.

[5] Champenois S., Mosaert : “C’est important, les chaussettes !” », Libération, 6 novembre 2020, https://www.liberation.fr/france/2020/11/06/c-est-important-les-chaussettes_1804894/

[6] Ibid.