Genre !

L

e genre, dans ses multiples définitions, relève souvent du groupe ou de la catégorie et efface donc le singulier. La formule « genre ! » ne vient-elle pas en dévoiler la dimension de semblant ? Faute de pouvoir résorber le manque-à-être, les signifiants offerts à l’identification sont voués à la multiplication. En revanche, le sexe (pour la psychanalyse) est un mode de jouir qui ne relève ni de la biologie ni du genre mais d’un acte [1].

 

Qu’est-ce que serait alors « son genre » ? Le genre peut aussi s’entendre comme l’« allure » ou la « manière »[2] ; dimension qui ne tient pas au groupe, à l’Autre, mais au corps, à la frappe du signifiant sur le corps. Là où le genre est fluide, le Un, le sinthome, est fixe. Francesca Biagi-Chai en avait proposé cette lecture ; « Le symptôme est la couleur de la jouissance qui fait la vie. La manière d’être dans le monde, sous laquelle on se présente dans les liens à l’autre […] est colorée de tout ce qui nous anime, de tout notre imaginaire, de tout ce qui a fait notre vie, notre enfance, notre style, notre réel. Et, évidemment, c’est ce que les autres reconnaissent tout de suite. »[3]

 

Son genre serait ainsi son symptôme en tant qu’il est non pas un dysfonctionnement mais « la couleur de la jouissance qui fait la vie », unique. Homme, femme, trans, etc. : il n’y a pas de rapport sexuel mais il y a rapport de symptôme à symptôme. Si « Le genre » produit du « eux » et du « nous », « son genre » a chance de faire lien social, voire de « se débarrasser de son poids de souffrance[4] » et devenir son style !

 

[1]     Brousse M.-H., Mode de jouir au féminin, Navarin Éditeur, Paris, 2020, p. 29.

[2]     Le Petit Robert

[3]     Biagi-Chai F., « L’impossible à supporter », Livret du colloque du CPCT-Parents, Rennes, 2020, p. 19.

[4]    Ibid., p. 20.