Non-mixité

Étym. Du latin miscere, « mélanger ».

Déf. « Il s’agit de réserver ponctuellement des espaces de réunion et de parole à des groupes perçus comme opprimés, en excluant des personnes considérées comme appartenant à un groupe de “dominants”, voire d’“oppresseurs” »[1].

Hist. À la fin du xixe siècle, « mixte » désigne la coexistence des deux sexes – mixité apparaît en 1950 en milieu scolaire – avant de s’étendre à d’autres champs dans les années 1990. La non-mixité serait apparue en France corrélativement à la naissance du Mouvement de Libération des Femmes (MLF) dans les années 1970. Constatant l’hostilité et le sexisme des hommes, le MLF argumente dès ses débuts l’exclusion des hommes dans le sillage des modèles non-mixtes des mouvements Noirs américains et du féminisme étatsunien. Si le modèle se diffuse, il n’est pas sans faire débat.

Controverse. Ces espaces de parole non-mixtes sont dits « safe place » : « La non-mixité permet une empathie, une compréhension, et l’absence de crainte d’être jugé »[2], indique Rokhaya Diallo. D’autres, comme Rachel Khan, se pensent multiples : « Une réunion en non-mixité n’existe pas, l’autre sera toujours différent. »[3]

 

 

[1] Pommiers É., « Pourquoi la « non-mixité » est-elle critiquée ? », Le Monde,‎ 18 avril 2018, https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/04/18/pourquoi-la-non-mixite-est-elle-critiquee_5287226_4355770.html.

[2] Diallo R., journaliste, France info, https://www.francetvinfo.fr/societe/l-article-a-lire-pour-comprendre-le-debat-autour-des-reunions-non-mixtes_4353091.html.

[3] Khan R., « Reproduire des haines et des ressentiments ne me convient pas », Jeune Afrique, 20 avril 2021, https://www.jeuneafrique.com/1153416/culture/rachel-khan-les-enfants-dimmigres-sintegrent-difficilement-a-la-societe-francaise/